Qui s’est déjà aventuré à l’intérieur des terres bretonnes en van connaît ce mélange d’enthousiasme et de légère appréhension qui précède une entrée dans les chemins creux. La Bretagne, ce n’est pas seulement la côte et ses jolies départementales panoramiques : c’est d’abord un maillage de routes secondaires où de vieux talus se resserrent, où le bitume cède vite la place à la caillasse ou à la mousse, et où un carrefour peut virer à la manœuvre mémorable.
Dans le Finistère, un quart des routes sont des voies communales, souvent de moins de 3 mètres de large (source : Conseil départemental du Finistère). La moyenne nationale tourne plutôt autour de 5,5 mètres. Circuler dans ce réseau, c’est composer avec l’histoire : ces chemins étaient faits pour des charrettes, des cyclistes... et des tracteurs, beaucoup moins pour des fourgons de 2,05 mètres de large et 2,70 mètres de haut !
Autre particularité locale : la densité des petits hameaux. En Bretagne, près de 40% de la population rurale vit dans des lieux-dits de moins de 200 habitants (source : INSEE). Cela se traduit par une multiplication de carrefours à angle droit, ruelles bosselées, dégagements improvisés et croisements improbables. Naviguer là-dedans ne relève pas de la prouesse, mais demande une vraie méthode, quelques astuces et, surtout, de la patience.